De la Môme Piaf à la Môme Marion !

Dans cette nuit du 26 février 2008, 4h15 heure de Paris, 19h15 heure de Los Angeles, Marion Cotillard est entrée dans l’histoire ! Première française a décroché l’Oscar de la meilleure actrice pour un film français. Simone Signoret avait certes remporté un Oscar en 1960, mais pour un film anglais. Cette récompense vient clôturer une aventure démarrée, quatre ans auparavant. Retour sur une ascension inattendue…

Un déclic…
Tout a démarré en janvier 2004. Olivier Dahan, jeune réalisateur a qui on doit Les Rivières Pourpres 2 et Le Petit Poucet, souhaite réaliser un film sur une star de la musique, sur son travail intérieur, sur ce qui fait l’artiste. Dans une librairie, il feuillète un livre sur Edith Piaf et là, il a un déclic : son héroïne sera Piaf !

Un chemin laborieux…
Un an d’écriture et de recherche plus tard, personne ne veut distribuer et produire le film. Personne ne croit dans le projet. Olivier Dahan et Alain Goodman, le producteur d’Olivier, ne voit que Marion Cotillard dans le rôle d’Edith, qui ne mettra pas longtemps avant d’accepter. Disney finit par donner son accord, mais il ne trouve pas Marion assez « bankable » pour l’exportation. Il préfèrerait une Audrey Tautou ou une Vanessa Paradis, dont le minois est déjà bien connu Outre-Atlantique. Dahan et Goodman ne céderont pas. Disney se retire du projet. A trois mois du tournage, le film n’a plus de financement. TF1 finira par se lancer et offrir un budget confortable au film. Le tournage débute en septembre 2005 à Prague et déjà, les acteurs et l’équipe technique sentent qu’ils vont vivre une grande aventure, qu’un grand moment de l’histoire du cinéma est entrain de s’écrire.

Une métamorphose criante de vérité…
« Elle s’endormait Marion Cotillard et se réveillait Edith Piaf » Didier Laverone, maquilleur du film. Pendant les quatre heures de maquillage quotidien, Marion dormait. Elle n’a reculé devant aucun sacrifice pour incarner ce petit bout de femme à la rage de vivre : une partie de ses cheveux a été rasée. Ces sourcils également. Elle a travaillé toute la gestuelle de Piaf jusqu’à sa respiration pour les play-back, passant des nuits entières à décortiquer des vidéos de ses chansons. Edith Piaf mesurait 1m47. Marion, 1m70. Ce n’est pourtant pas cela qui a sauté aux yeux de Ginou Richer, l’amie de cœur d’Edith. Elle n’a vu qu’Edith au même âge que Marion, bien avant la métamorphose. Sylvie Testud, qui joue Momone, n’a même pas reconnu Marion lors de son premier jour de tournage. Marion Cotillard est bluffante. A l’écran, ce n’est plus elle, c’est Piaf. Elle redonne vie magistralement à cette figure de la chanson française. Marion se sera tellement investie dans le rôle qu’elle aura mis prêt d’un mois avant de la « laisser partir », avant de réellement sortir du rôle. Elle signe là sans le savoir vraiment un tournant de sa jeune carrière.

Un résultat final au-delà de toute attente…
Un montage digne des plus grandes biopic US emporte le film et le spectateur au cœur d’une foule d’émotions : du rire aux larmes, d’émotion en émotion. Le film monte en crescendo porté par les flashbacks et les chansons de Piaf. L’ouverture sur Heaven have mercy happe de suite le spectateur dans cette vie hors du commun. L’histoire d’une femme d’1m47 à la foi indéfectible et que rien, ni personne n’aurait empêché de monter sur scène. Un exemple de femmes parmi les plus grandes. La scène était sa vie et elle lui a tout donné. Dahan retranscrit magnifiquement cette poigne et ce besoin d’aller toujours plus loin, au-delà de ses limites. La plus belle scène du film reste sans conteste, le plan-séquence de l’annonce de la mort de Cerdan avec « L’hymne à l’amour » en fond et une Marion Cotillard poignante. C’est d’ailleurs, elle, qui porte le film sur ses épaules. Elle est tout simplement époustouflante ! Son talent explose au monde entier. Le film repose également sur un souci du détail : les décors et les costumes retransmettent merveilleusement l’époque de Piaf. Pour peu, le spectateur se verrait revenu dans les années 50. New York est magnifique ! A cela, viennent s’ajouter de magnifique second rôle de Sylvie Testud à Jean-Paul Rouve en passant par Pascal Greggory et Gérard Depardieu. Un hommage vibrant et scintillant à une des plus grandes chanteuses de tous les temps !

Des récompenses plus que méritées…
Marion Cotillard ouvre le bal des récompenses avec le Swann de la meilleure actrice, prix décerné au festival du film de Cabourg, avant de recevoir le prix de la meilleure actrice au festival de Palm Spring, ainsi qu’à celui d’Hollywood. Elle va alors réaliser un grand chelem qu’aucune actrice, avant elle, n’avait réussi. Golden Globes, Bafta, César et enfin Oscar ! La récompense d’une performance que peu d’actrice aurait été capable d’endosser. Le film remporte également quatre Césars techniques : costumes, photographie, décors et son, ainsi que l’Oscar du meilleur maquillage. Un plébiscite mondial pour un travail de métamorphose à couper le souffle.

Marion Cotillard vient de vivre une ascension fulgurante à l’image de celle de Piaf à son époque : un juste retour des choses, non ?

La Bande Annonce :

Les récompenses :
_ Marion aux Bafta : http://www.youtube.com/watch?v=6ZRDLd2BUqg
_ Marion aux César : http://www.youtube.com/watch?v=_Eot93ZIIvg
_ Marion aux Oscar : http://www.youtube.com/watch?v=MbM88BG9Ae8

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