Polisse (2011)

Sortie le : 19 octobre 2011

Réalisé par : Maïwenn

Avec : Karin Viard, JoeyStarr, Marina Foïs, Nicolas Duvauchelle, Karole Rocher, Emmanuelle Bercot, Frédéric Pierrot, Arnaud Henriet, Jérémie Elkaïm, Naidra Ayadi, Maïwenn, Riccardo Scarmacio, Sandrine Kiberlain, Wladimir Yordanoff

Synopsis :
Insertion dans le métier de policier dans la Brigade de Protection des Mineurs.

La bande annonce :

L’avis de Cine’Magic :
Après un (Le) Bal des Actrices très mitigé, Maïwenn continue d’exploiter le concept du film chorale. Changement de registre : elle se place cette fois-ci dans un cadre beaucoup plus dur et froid, celui de la Brigade de Protection des Mineurs de Paris. Elle prend donc moins de risques que pour son précédent film, le rapprochement intime avec une comédienne étant beaucoup moins accessible à un large public. Elle opte encore une fois pour un faux documentaire mais celui-ci est clairement plus réussi.

Tout le poids d’un film chorale repose sur l’ensemble des acteurs et il est ici d’une grande qualité. Chaque interprétation est plus surprenante que l’autre. Seuls quelques uns tirent leur épingle du jeu : Karin Viard et Naidra Ayadi sont saisissantes. Leurs rôles respectifs leur demande un important travail qui est accompli avec brio. Maïwenn surprend dans la première partie du film. Son rôle n’est finalement que celui du spectateur. Elle rajoute donc la touche de sensibilité et d’incompréhension que l’on peut ressentir par moment, qui est par la suite perdue dans toute la deuxième partie. On peut également souligner les performances réalisées par les jeunes enfants qui sont tout simplement bluffantes.

Ce que l’on peut reprocher à beaucoup de films chorale, c’est l’absence de scénario, de ligne directrice qui est suivie tout au long du film. Le Bal des Actrices en est un exemple et Polisse n’échappe pas à la règle. Les différents passages sont liés entre eux mais il n’y a aucun poids, aucune utilité scénaristique. Même si ce n’est pas une priorité pour Polisse, le scénario quasi-inexistant peut être déstabilisant. On n’a pas l’habitude de ce type de narration au cinéma. On ne sait que retenir du film. Tout est mélangé, rien ne ressort, on s’y perd malgré des propositions riches et variés dans les cas étudiés par la BPM.

De nombreuses fois récompensé, notamment au Festival de Cannes 2011 et aux Césars 2012, le succès du film est du à une réalisation très réussie. Les scènes sont criantes de réalisme et le vide laissé par l’absence de trame générale est alors comblé. Un montage dynamique et efficace, sans trop de coupures ou alors des coupures courtes, et une réelle cohésion entre les acteurs, les événements et l’image font que le film devient agréable à suivre. On rit et on pleure autant qu’on est bouleversé et choqué par la dureté du propos.

Maïwenn choisit d’un côté la facilité : un film parfois proche du documentaire ou du téléfilm avec un sujet aussi sensible ne peut qu’être bon, il faut vraiment être royalement à côté de la plaque pour offrir un film inintéressant. D’un autre côté, ce genre de film sort complètement des « normes » cinématographiques actuelles et il est vrai qu’une diffusion télévisée aurait fait l’affaire. C’est cependant un plaisir de voir d’autres choses au cinéma, pas forcément des choses nouvelles mais des choses différentes, surtout si Polisse est une réussite.

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